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En surpoids avant même de naître




La petite Jasleen pesait déjà 6,1 kilos quand elle a vu le jour à Leipzig lundi.




La naissance d'une petite fille de 6,1 kilos lundi en Allemagne n'est pas un cas isolé. Ces «gros bébés» exigent une surveillance médicale toute particulière. 

• À partir de quand un nouveau-né est-il en surpoids? 
 
Un bébé est considéré en surpoids quand il pèse plus de 4 kilos à la naissance. Cette particularité porte un nom: la macrosomie. En France, 7,1% des naissances recensées en 2010 étaient concernées, la majorité de ces bébés pesant entre 4 et 5 kilos. Le phénomène serait toutefois en augmentation du fait du nombre croissant de femmes obèses ou diabétiques - deux facteurs de risque importants. Pour être dans la bonne moyenne, un bébé né à terme doit peser entre 2,5 et 4 kilos. Parmi les cas de surpoids fœtal les plus spectaculaires ces dernières années, on peut citer une petite Colombienne née à 7 kilos et un Indonésien né à 8,7 kilos.

• Peut-on estimer le surpoids d'un fœtus avant la naissance?

Pour évaluer la taille d'un fœtus, l'échographe mesure le diamètre ou la circonférence de sa tête, le périmètre de son abdomen et la longueur de son fémur. Mais l'examen ne permet pas d'être très précis et la marge d'erreur oscille entre 10 et 15%. «Par ailleurs, il arrive que la dernière échographie réalisée avant la naissance ait lieu au 7e mois de grossesse. Or, c'est pendant les deux derniers mois que le bébé grossit le plus», rappelle au Figaro le Pr François Goffinet, chef du service d'obstétrique à la maternité de Port-Royal à Paris.


• Est-ce que cela a un impact sur l'accouchement?

«Porter un gros bébé implique toujours une grossesse à risque et donc particulièrement surveillée», explique le Pr Patrick Tounian, chef du service de nutrition pédiatrique à l'hôpital Trousseau à Paris. Un fœtus en surpoids n'implique pas forcément une naissance par césarienne, même si celle-ci est privilégiée lorsque l'on prévoit l'arrivée d'un bébé de plus de 5 kilos. Lors de l'accouchement, la macrosomie représente un risque réel pour la santé du fœtus comme pour celle de la mère. En cas de naissance par voie basse (vaginale), les épaules du bébé peuvent se coincer au niveau du pelvis de la mère, après le passage de la tête. Cette complication grave, qui requiert une réaction rapide de l'équipe soignante, se produit pour 10% des bébés de plus de 4,5 kilos. Le nourrisson risque une fracture de la clavicule ou du bras (humérus), et plus gravement l'asphyxie, qui peut engendrer des lésions cérébrales. Il arrive aussi qu'un bras du bébé reste coincé, entraînant une lésion nerveuse qui peut causer une paralysie du bras totale ou partielle. La mère de son côté risque une hémorragie, une déchirure du périnée, ou à plus long terme des problèmes d'incontinence et de descente d'organes.

• Quels sont les facteurs de risques de faire un gros bébé?

La cause la mieux identifiée est le diabète de la mère. Quand la femme enceinte est diabétique, l'enfant qu'elle porte est nourri par un sang trop chargé en sucre. Son organisme va réagir en produisant davantage d'insuline, qui, étant aussi une hormone de croissance, entraîne une augmentation de sa corpulence. Cela explique 20% des surpoids à la naissance, selon le Pr Goffinet. Le mécanisme est le même si la mère développe son diabète pendant la grossesse (diabète gestationnel) ou si elle était diabétique avant de tomber enceinte.

L'autre facteur de risque important est le surpoids maternel, avant la conception ou résultant d'une grosse prise de poids pendant la grossesse (plus de 20 kilos). Les bébés en surpoids sont aussi plus fréquents chez les femmes qui ont été elles-mêmes un «gros bébé» ou qui ont eu d'autres gros bébés ou des grossesses multiples. Etre âgée de plus de 38 ans peut aussi avoir un impact. On compte enfin davantage de surpoids chez les bébés nés après le terme et chez les garçons.

• Quelles sont les conséquences pour l'enfant?
 
À court terme:

«Lorsqu'un bébé en surpoids naît d'une mère diabétique, on le surveille de très près car il présente un risque d'hypoglycémie, explique le Pr Tounian. Si le cerveau n'est plus alimenté en glucose, cela peut entraîner des lésions neuronales et un handicap lourd.»

À long terme:

Un gros bébé ne sera pas forcément obèse ou diabétique à l'âge adulte. S'il est vrai que l'on trouve beaucoup d'anciens gros bébés parmi les adultes en surpoids et/ou diabétiques, cela s'explique par l'environnement familial. En effet, les gros bébés ont souvent une mère en surpoids ou diabétique, des maladies qui se transmettent génétiquement.

Source: LeFigaro



Le diabète de type 1 peut être réversible avec un supresseur immunitaire





Pr Len Harrison









Un professeur à Melbourne, en Australie, qui est sur ​​une mission pour trouver un remède au diabète de type 1, estime que la réponse, ou une partie de celle-ci se trouve avec un suppresseur immunitaire appelé CD52.

Si ce futur remède marche pour le diabète de type 1, alors il peut bien fonctionner pour d’autres troubles du système immunitaire, comme la sclérose en plaques et l’arthrite rhumatoïde, dont le mécanisme déclencheur réside dans la perturbation de l’équilibre du système immunitaire.

Dans une nouvelle étude publiée cette semaine dans Nature Immunology, le professeur Len Harrison et ses collègues de la Walter and Molecular Medicine de Eliza Hall Institute, suggèrent qu’il pourrait être possible d’utiliser CD52, qui empêche naturellement les réactions excessives du système immunitaire. Le but serait de stopper la destruction des cellules pancréatiques productrice d’insuline aux premiers stades de la maladie. Dans une déclaration à la presse Harrison dit: «L’immuno-supresseur CD52 est un mécanisme jusqu’ici inconnu que le corps utilise pour se réguler lui-même, et se prémunir contre les réactions immunitaires excessives”.

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune


Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui débute généralement dans l’enfance et l’adolescence. Cela arrive parce qu’un déséquilibre dans le système immunitaire amène à détruire les cellules productrices d’insuline dans le pancréas. Sans insuline, le corps ne peut réguler la glycémie, et si cela devient trop élevé, il provoque de graves dommages aux organes.

Selon Harrison, la maladie rend la vie “incroyablement difficile” pour les enfants et les adolescents, mais aussi pour leurs familles. “Elle entraîne également d’importantes complications à long terme impliquant les yeux, les reins et les dommages des vaisseaux sanguins, et à grands frais pour la collectivité », ajoute-il. Actuellement, les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent avoir des injections d’insuline à vie, et ils doivent aussi s’assurer que leurs niveaux de glucose dans le sang restent équilibrés. Cependant, il y a une possibilité que cela puisse changer, comme le suggère un récent rapport d’une étude, où les scientifiques décrivent comment ils ont développé un système d’insuline à libération prolongée sous forme d’un gel injectable de nanoparticules .

 

 

 

Le rôle des cellules T dans la maladie auto-immune


Il s’agit d’un groupe de cellules dans le système immunitaire, les cellules T. Celles-ci cherchent normalement à détruire les cellules indésirables et les éléments susceptibles de constituer un danger pour le corps, comme l’invasion des bactéries. Il existe différents types de cellules T, effectuant chacune un rôle légèrement différent. Chez les personnes en bonne santé, les populations de cellules T interagissent et maintiennent le système immunitaire en équilibre. Lorsque cet équilibre est rompu, les cellules T se conduisent mal, et peuvent s’attaquer aux cellules saines comme s’ils étaient des agents pathogènes, c’est le principe de la maladie auto-immune. L’un des mécanismes par lesquels les cellules T maintiennent le système immunitaire en équilibre, c’est en échangeant des messages chimiques.

Cette étude montre comment l’un de ces messages chimiques sont transportés par CD52, une protéine qui peut interagir avec les récepteurs situés à la surface de certaines cellules T.

 

CD52 a un grand potentiel pour prévenir et traiter le diabète de type 1 et d’autres maladies auto-immunes

Harrison dit que leur découverte de la façon dont CD52 fonctionne comme un suppresseur immunitaire est très prometteuse pour la prévention et le traitement des maladies auto-immunes comme le diabète de type 1.

Lui et ses collègues suggèrent que CD52 joue un rôle clé dans l’activité immunitaire.

Il explique comment les cellules T qui présentent des taux élevés de CD52 sont essentiels pour maintenir le système immunitaire en équilibre. Ils agissent comme un “mécanisme de freinage au début”, a t-il ajouté.

Avec des souris de laboratoire élevés pour être sujettes au diabète de type 1, les chercheurs ont montré que la suppression de la production de la protéine CD52 par les cellules immunitaires conduit au développement rapide du diabète.

“Nous pensons que les cellules qui libèrent CD52 sont essentielles pour prévenir le développement de maladies autoiummune, et que CD52 a un grand potentiel en tant qu’agent thérapeutique», conclut Harrison.

Lui et son équipe sont “excités” par la perspective de prendre CD52 à des essais cliniques dès que possible.

Il dit que certaines entreprises pharmaceutiques ont déjà manifesté un certain intérêt. Harrison affirme que son objectif est de prévenir et de guérir diabète de type 1.

“Dans les modèles animaux, nous pouvons prévenir et guérir le diabète de type 1» , dit-il, ajoutant qu’il souhaite que ces résultats «soient possible chez l’homme, je l’espère dans un avenir pas trop lointain” .
 Medical Research Council of Australia nationaux de santé et le gouvernement de Victoria ont contribué à financer l’étude.



Source :
T cell regulation mediated by interaction of soluble CD52 with the inhibitory receptor Siglec-10“; Esther Bandala-Sanchez, Yuxia Zhang, Simone Reinwald, James A Dromey, Bo-Han Lee, Junyan Qian, Ralph M Böhmer and Leonard C Harrison; Nature Immunology, published online 19 May 2013; DOI:10.1038/ni.2610; Lien vers le résumé.
Source complémentaire : Walter and Eliza Hall Institute.



Calculez votre indice de masse corporelle (IMC)






A l’heure actuelle beaucoup d’entre vous se questionnent sur le surpoids. Cette interrogation est logique : s’est formée une véritable épidémie du surpoids et de l’obésité. Ce phénomène, qui ne cesse de croître, est un problème grave qui provoque parfois de nombreuses complications médicales. Les scientifiques se tournent vers l’IMC qui constitue un outil simple à mettre en place pour évaluer ses risques et pour juger objectivement la corpulence d’un individu.
Ce site vous propose des informations claires concernant le surpoids, l’obésité, et l’IMC. Le site est continuellement mis à jour. Nous prenons en compte toutes vos remarques pour améliorer le site et son contenu.

Classification officielle de l’IMC selon l’OMS

 

 

Intéret du calcul de votre IMC

Le principal intérêt de ce calcul de l’IMC est de mettre en évidence l’augmentation des facteurs de risques liés à certaines maladies, et notamment les maladies cardio-vasculaires. Cet indice est biaisé car il ne prend pas en compte la masse musculaire, les sportifs ou les personnes musclés seraient ainsi défavorisés s’ils calculaient leur IMC de manière classique.
D’une manière générale L’IMC est corrélé avec une hausse des problèmes de santé, toutes causes confondues, mais on constate particulièrement une hausse des maladies cardio-vasculaires, cancers et diabètes au fur et à mesure de l’augmentation de l’Indice de Masse Corpulaire. Votre santé est précieuse : un suivi régulier de votre corpulence (à travers le calcul de votre IMC) peut vous aider à anticiper de nombreuses complications. Le site se permet aussi d’évoquer de manière totalement neutre les différents régimes qui existent à l’heure actuelle afin de lutter contre l’obésité.

Comment calculer l’IMC ?

Le calcul de l’IMC est relativement simple puisqu’il ne nécessite que deux critères : votre taille (en cm) et votre poids (en kg). La formule mathématique exacte est la suivante : IMC = poids / taille².
Attention toutefois, cette formule de l’IMC n’est valable que pour les adultes âgés entre 18 à 65 ans. Ainsi, les enfants, les adolescents, les personnes âgées, mais également les femmes enceintes ou les personnes très musclées, doivent s’orienter vers une formule de calcul de l’IMC mieux adaptée à leurs caractéristiques.

Interprétation de l’Indice de Masse Corporelle

L’interprétation se fait selon les lignes directives de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Valeur de l’IMC
 Inférieur à 16
 Entre 16.5 et 18.5
 Entre 18.5 et 25
 Entre 25 et 30
 Entre 30 et 35
 Entre 35 et 40
 Supérieur à 40
Interprétation (selon l’OMS)
 Anorexie ou dénutrition
 Maigreur
 Corpulence normale
 Surpoids
 Obésité modérée (Classe 1)
 Obésité élevé (Classe 2)
 Obésite morbide ou massive




Sport et diabète de type 1 : les recommandations ?!






L'exercice physique est reconnu comme un facteur déterminant de l'état de santé de la population générale et fait aujourd'hui partie intégrante du traitement des diabétiques de type 2. En revanche, en cas de diabète insulinodépendant (type 1), il est indispensable de trouver un équilibre entre apport en glucose, en insuline et dépenses physiques. Afin de limiter les incidents liés à l'effort, voici des recommandations.

L'activité sportive : l'atout santé !

Depuis plusieurs années déjà, le niveau habituel d'activité sportive est reconnu comme un facteur déterminant la santé des populations. Indépendamment de l'âge et de la corpulence, elle est associée à une réduction du risque de mortalité, de maladie cardiovasculaire en général et de certains cancers. Par ailleurs, des exercices réguliers, y compris ceux de la vie quotidienne comme la marche, diminuent le risque de diabète de type 2 (non insulinodépendant). Partant de ce constat, ils font maintenant partie intégrante du traitement des diabétiques de type 2 ; ils régulent le métabolisme du glucose et des lipides, améliore la sensibilité à l'insuline et le profil tensionnel.

Des recommandations en cas de diabète de type 1

Inversement, la place du sport chez les diabétiques insulinodépendants est souvent remise en cause, car il peut contribuer à l'instabilité glycémique. En effet, au cours d'un effort les risques d'hypoglycémie ou d'hyperglycémie sont réels et sont fonction de la dose d'insuline injectée. Or celle-ci dépend de nombreux facteurs : de la durée et de l'intensité de l'activité, du moment par rapport au dernier repas et à la dernière injection, du type de traitement, de la glycémie en début d'exercice, du poids, de la taille et de la condition physique du patient. Pour limiter les incidents éventuels liés à la pratique sportive chez les diabétiques de type 1, des recommandations ont été émises :

 
programmez-la une ou deux fois par semaine, et si possible placez-vous dans une situation reproductible;

diminuez les doses d'insuline couvrant la période de l'activité si votre glycémie est inférieure à 8mmol/l;

si votre glycémie avant l'effort est inférieure à 8mmol/l, prenez au moins 15g de glucides avant de commencer;

si elle se situe entre 8 et 14mmol/l, l'exercice peut être réalisé sans risque;

si elle est supérieure à 15mmol/l, assurez-vous de l'absence de cétonurie. Dans le cas contraire vous devez reporter l'activité sportive;

l'autosurveillance doit être poursuivie pendant (lors des pauses ou de la mi-temps) et après l'effort afin d'adapter les doses suivantes d'insuline et d'assurer une prise de glucide adéquate.


Par Dr Pierre-Yves Benhamou & Dr Philippe Presles

Source : Conférence de Presse, Paris, Recommandations de l'ALFEDIAM.




En bref : un régime végétarien pour vivre plus longtemps ?!

Selon cette étude, ne pas manger de viande permettrait de vivre plus longtemps. © CharlesFred, Flickr, cc by nc sa 2.0

 

Une large étude menée sur six ans suggère qu’une alimentation végétarienne influence la durée de vie. Ce type de régime alimentaire diminuerait le risque de contracter certaines pathologies et aurait une incidence sur le taux de mortalité.

 
L’alimentation a un impact important sur le bien-être. Par exemple, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) recommande la consommation quotidienne de cinq fruits et légumes par jour. Des études précédentes ont même montré qu’un régime végétarien, c’est-à-dire une alimentation qui exclut la consommation de chair animale, diminuait le risque de contracter certaines pathologies comme l’hypertension ou le diabète.


Des chercheurs américains de l’université de Californie ont voulu déterminer l’effet de ce mode de nutrition sur la durée de vie. Dans leur étude, publiée dans JAMA Internal Medicine, ils suggèrent qu’un régime végétarien permet de réduire la mortalité. Pendant près de six ans, ils ont suivi plus de 73.000 personnes, hommes et femmes confondus, appartenant à la même communauté religieuse adventiste qui prône une alimentation sans viande. Parmi tous les adhérents, certains fidèles sont cependant omnivores, alors que les autres sont végétariens.

Au cours de l’étude, les auteurs ont établi que le risque de décès chez les végétariens était 12 % moins important que chez les omnivores. Selon les chercheurs, le régime végétarien protégerait mieux contre les maladies cardiaques, mais aussi contre les pathologies rénales et hormonales. L’avantage serait cependant plus marqué chez les hommes que chez les femmes.


Diabète : révolution dans le traitement par l'insuline ?!


 

 

Vers la fin de plusieurs piqûres d'insuline par jour?

 

Des chercheurs ont fabriqué une insuline injectable engluée dans un nanoréseau qui la libère quand la glycémie augmente.

C'est un formidable espoir pour des millions de diabétiques sous insuline. Des chercheurs de l'université de Caroline du Nord et du Massachusetts Institute of Technology, le prestigieux MIT de Cambridge aux États-Unis, viennent de mettre au point une insuline, expérimentée avec succès dans un modèle animal, qui pourrait changer leur vie.

Une seule injection hebdomadaire de cette insuline, dite en nanoréseau, pourrait en effet remplacer les injections pluriquotidiennes d'insuline classique, qui leur sont indispensables pour maintenir à un taux normal le sucre dans le sang (glycémie). Certes, l'expérience n'a pour l'instant été réalisée que chez des souris diabétiques, mais elle a permis de normaliser leur glycémie pour une période supérieure à une semaine avec une seule injection.


En fait, ce n'est pas tant dans l'insuline elle-même que réside la prouesse technologique des scientifiques américains que dans la façon de l'engluer dans un nanoréseau de molécules biologiques assimilables. Un réseau microscopique de l'ordre du millième de millimètre et donc facilement injectable par les seringues habituelles.

Le nanoréseau a la particularité d'être formé d'enzymes qui vont libérer l'insuline engluée en fonction de la glycémie. Blocage de l'insuline si le taux est normal, libération s'il augmente. En somme, l'action que réalisent en permanence les cellules productrices d'insuline du pancréas lorsque l'on ne souffre pas de diabète.

 

«Valves intelligentes»


Jusqu'à présent, les tentatives de lier l'insuline à un support capable de la libérer de façon continue pendant plusieurs jours n'avaient pas abouti. Avec certains supports, il y avait un risque de relargage trop rapide de l'insuline et donc un risque d'hypoglycémie brutale. Avec d'autres matériaux, cette libération s'avérait trop lente.

Les chercheurs américains ont utilisé du dextran - un polysaccharide qui peut être administré en perfusion en cas d'hémorragie - qu'ils ont modifié chimiquement. «Le dextran a été sélectionné en raison de sa biocompatibilité, sa biodégradabilité et la facilité de le modifier», écrivent les auteurs dans un article à paraître dans la revueAmerican Chemical Society Nano.

Une série d'expériences en éprouvette a d'abord confirmé la réactivité du nanoréseau qui relâchait de l'insuline suivant les variations de la concentration de sucre artificiellement modifiées toutes les deux heures. «Comme un système de valves intelligentes, la libération d'insuline à travers le nanoréseau est facilitée à des hauts taux de sucre et inhibé aux bas niveaux», précise la publication.

Les scientifiques ont ensuite démontré sur des souris diabétiques que l'insuline en nanoréseau permettait de maintenir une glycémie normale, sans pic d'hyperglycémie ni d'hypoglycémie, avec une seule injection pour une durée d'au moins une semaine. Jusqu'à deux semaines même chez certaines souris. La prochaine étape, décisive, sera l'expérimentation humaine.

Contre le diabète, bientôt des nanobilles à insuline ?

Contre le diabète, bientôt des nanobilles à insuline ?

 

Des nanobilles d'insuline injectables pourraient révolutionner la vie quotidienne des diabétiques. Réagissant à un excès de sucre, elles pourraient libérer l'hormone à bon escient. Efficace chez la souris, ce dispositif pourrait bientôt voir le jour chez l’Homme.
Le diabète est une épidémie mondiale émergente aux causes complexes, principalement dues aux habitudes alimentaires modernes et au manque d’activité physique. L’organisation mondiale de la santé (OMS) évalue à 366 millions le nombre de diabétiques dans le monde en 2030, dont près de 40 millions en Amérique du Nord et en Amérique centrale.
Lorsque nous mangeons, la concentration de glucose dans le sang augmente. Cette hausse de la glycémie est détectée par le pancréas qui sécrète alors davantage une hormone peptidique appelée insuline. Elle joue un rôle régulateur, et permet aux sucres de pénétrer dans les différents organes et d’être stockés ou convertis en énergie. Ainsi, la glycémie retrouve rapidement un niveau normal. Les personnes diabétiques sécrètent peu ou pas d’insuline, et leur taux de sucres dans le sang reste élevé, on parle alors d’hyperglycémie. À long terme, cette pathologie peut altérer les vaisseaux sanguins et les nerfs. 

 Les pompes à insuline sont des appareils qui délivrent des doses régulières d'insuline tout au long de la journée. Elles présentent de nombreux avantages, et évitent les piqûres régulières. Néanmoins, elle doit être portée constamment et n'est pas toujours discrète, malgré sa petite taille. © Wikimedia Commons, DP




Face au diabète, il n’existe pas de remède miracle. L’insuline est souvent prescrite, et des prises quotidiennes sont nécessaires. Les malades doivent contrôler leur glycémie plusieurs fois par jour, et adapter leur consommation d’insuline en conséquence. Bien que des progrès dans les techniques d’administration aient vu le jour, comme la pompe à insuline, le traitement du diabète reste très contraignant.
Des nanobilles qui font baisser la glycémie
Une équipe de chercheurs de l’université de Caroline du Nord pourrait avoir trouvé un remède à cette situation. Dans une étude publiée dans la revue ACS Nano, ils présentent leur invention, des nanobilles capables de sécréter de l’insuline à la demande chez la souris. Cette technologie pourrait permettre d’améliorer considérablement la vie quotidienne des personnes souffrant de diabètes.
Les nanobilles sont constituées d’un noyau interne d’insuline enveloppé dans un manteau de polymères de glucose appelé dextrane. Cette couche externe contient également une enzyme (la glucose oxydase), capable de transformer les sucres contenus dans le sang en acide gluconique. Le dextrane, comme l’acide gluconique, n’est pas toxique et est dissous dans l’organisme.
En cas d’hyperglycémie, la glucose oxydase fabrique des molécules d’acide gluconique qui attaquent le manteau de dextrane et libèrent l’insuline contenue dans les nanobilles. L’hormone permet alors au glucose d’entrer dans les différentes cellules de l’organisme et réduit la glycémie.
Une technologie qui fonctionne… chez la souris
Pour éviter que les nanobilles se dispersent dans le corps, les auteurs les ont enrobées dans une couche poreuse d’agents biocompatibles chargés négativement ou positivement. Les billes positives et négatives s’attachent les unes aux autres pour former un réseau nanométrique. La porosité de ce manteau externe permet au glucose d’atteindre la sous-couche où est présente la glucose oxydase et de déclencher les réactions en chaîne conduisant à la libération d’insuline.
L’équipe de recherche a testé ces nanobilles chez la souris. Elle a montré qu’avec une seule injection, les souris maintenaient une glycémie normale pendant dix jours. « Cette technologie est une sorte de pancréas artificiel capable de sécréter de l’insuline en réponse à la glycémie », explique Zhen Gu, principal auteur de ces travaux.
Les scientifiques veulent maintenant tester leur méthode chez l’Homme. Cette nanotechnologie apporte l’espoir de simplifier considérablement la vie des diabétiques, de plus en plus nombreux.