e-mail: cours.de.medecine@hotmail.fr

Affichage des articles dont le libellé est [Psychologie]. Afficher tous les articles

Les six traits de caractère qu’il faut avoir absolument pour réussir dans la vie ?!






Le professeur Jeffrey Pfeffer, de l’Université de Standford en Californie, a analysé par le prisme de ses étudiants les clés de la réussite des plus grands, comme l’ancien président Johnson ou bien encore Robert Moses, l’urbaniste chargé de la rénovation de New York entre 1930 et 1970. 


Pour Jeffrey Pfeffer, professeur à l’Université de Standford, en Californie, le président américain Johnson était un grand homme et un grand travailleur. Pour Jeffrey Pfeffer, professeur à l’Université de Standford, en Californie, le président américain Johnson était un grand homme et un grand travailleur. Crédit Reuters Six. Six traits de caractère, de personnalité qu’a recensé le professeur Jeffrey Pfeffer. Ces six traits sont pour lui la clé de la réussite, de la puissance et de la performance, afin d’atteindre le haut niveau. Mais le professeur n’a pas fait que comparer ce qu’avaient les “champions” en commun : son analyse s’est également penchée sur le manque des moins “forts”. Le premier trait concerne l’énergie et l’endurance physique. En partant de ce postulat, effectivement, il y a déjà une sélection qui s’effectue. Car tous les individus n’ont pas la résistance physique d’aligner au minimum dix heures de travail par jour, et des semaines oscillant entre 60 et 65 heures, minimum. Pour le professeur Pfeffer, la capacité et la volonté de travailler comme un acharné a caractérisé bon nombre de personnages puissants. Cette masse de travail abattu permet de “dépasser” certains individus, pourtant plus intelligents ou compétents. De plus, cette énergie dépensée dans le travail va inspirer l’entourage à travailler également plus. Une émulation par le labeur en somme. Deuxième clé de la réussite, la concentration/application/attention/perspective. Le focus, en un mot. Le professeur cite l’exemple d’un étudiant qui a refusé un excellent poste dans une compagnie pétrolière. La raison ? Son ambition de conquérir le bureau ovale étant plus forte que tout, travailler dans le pétrole, l’or noir du XXIe siècle l’aurait grandement compromis. Selon Jeffrey Pfeffer, les directeurs à succès de grands groupes sont ceux qui ont concentré leurs efforts de carrière au sein de la même entreprise, ou d’un nombre restreint. Un peu d’humanité dans ce monde de brute : la troisième clé du succès repose sur la sensibilité aux autres. Car savoir ce que les autres veulent aide à mieux communiquer. Mais, il y a un pas entre savoir ce qu’autrui désire, et ce qu’il obtient. Et le professeur de Standford le sait bien. La négociation entre alors en compte. 
 
La quatrième clé réside dans la flexibilité. Et là, cela devient complexe, voire schizophrène comme le décrit l’auteur de l’article de Business Insider, qui n’hésite pas à parler de Machiavel. Un subtil dosage s’avère nécessaire Pour Pfeffer, si la flexibilité peut conférer un grand pouvoir, elle s’oppose à la fois à la clé numéro 2, ainsi qu’indirectement à la clé numéro 3. Dans le rapport aux autres, être flexible peut être compris comme faible, peu ferme par rapport aux autres…Un subtil dosage de toutes ces clés s’avère donc primordial. L’avant dernière clé du conflit réside dans la capacité à tolérer les conflits. Mais il ne faut pas pour autant forcément les fuir. C’est un peu comme remporter une bataille, ou la guerre…Enfin, la dernière clé à assembler aux cinq autres, concerne la capacité à maîtriser son ego, à ravaler parfois sa fierté. Car l’ego peut être un ennemi redoutable. La conclusion peut être déroutante : s’il faut parfois tracer son chemin en solitaire, carriériste, il est bon aussi à certains moments de créer des alliances et des réseaux d’amitié. 
Pour Jeffrey Pfeffer, les gens qui peuvent accéder aux plus hautes charges sont en mesure de modifier leur comportement en fonction de l’opportunité qui se présente à eux. Légèrement schizophrène donc. Mais six vous possédez ces six traits de personnalité, et que vous le souhaitez, vous devriez parvenir à de grandes carrières.
Source: Atlantico.fr


Les beaux réussissent-ils mieux ?



© Jupiter

La question :
Est-ce juste une impression ou est-ce que les beaux réussissent mieux, professionnellement et socialement ?

La réponse de Sophie Cheval : psychologue clinicienne, psychothérapeute, spécialisée dans les souffrances liées à l'apparence physique.
Ma réponse va ressembler à : « les deux, mon général » ! Nous avons l’impression que les beaux réussissent mieux, et en tout ! Parce que nous associons implicitement la beauté à des caractéristiques humaines et sociales valorisées (qualités de « belle personne », succès en amour, en amitié, au travail), nous présumons toujours que les beaux réussissent mieux que les autres, dans tous les domaines. Le sketch du blond de Gad Elmaleh, montre bien ça : le blond, c’est le beau gosse à qui tout réussit, même des choses qui n’ont rien à voir avec son apparence physique (ses enfants sont bien élevés, il n’a pas peur en avion, la mayonnaise ne coule jamais de ses sandwiches, etc).


Et cette impression que nous avons s’avère dans les faits : par exemple, des économistes qui étudient les effets sociaux de la beauté (ils ont joliment appelé leur discipline la « pulchronomie ») montrent que les beaux sont payés en moyenne 15% de plus que les autres ! Les études montrent d’ailleurs que c’est le plus souvent PARCE QUE nous présumons que les beaux réussissent en tout qu’ils finissent par le faire ! Je m’explique : comme nous présumons que les beaux ont « tout pour plaire » (de belles qualités humaines, de beaux talents, etc), nous nous comportons de manière plus favorable avec eux : nous sommes plus avenants, plus bienveillants envers eux, et nous leur donnons donc toutes les chances de réussir !

Des études montrent par exemple que lorsque nous parlons à un(e) inconnu(e) au téléphone, nous nous comportons de manière plus sympathique avec cette personne lorsqu’on nous dit qu’elle/il est belle/beau. Nous sommes plus souriants, plus complices, plus chaleureux avec elle/lui, et du coup, cela rend en retour cette personne plus aimable, plus cordiale, et plus avenante dans la conversation ! Et nous en concluons du coup que c’est « une belle personne »… ! L’un des effets les plus puissants du stéréotype favorable à la beauté est ainsi son caractère auto-réalisateur…

La source: Psychologies.




A 15 ans, il passe des poubelles du Sierra Leone au MIT




Totalement autodidacte, Kelvin Doe a été invité, à 15 ans, à visiter le MIT. Capture d’écran de la vidéo de THNKR lui étant consacré.


L’intelligence ne connaît pas de frontières. Après avoir fabriqué de toutes pièces une station de radio ou encore un générateur électrique, un jeune Sierra-léonais a été invité à découvrir le MIT. 


Kelvin Doe, 15 ans, n’est pas un jeune garçon comme les autres. Alors qu’il vit au Sierra Leone dans un petit village très rarement alimenté en électricité, il vient de devenir le plus jeune invité du MIT ,dans le cadre de son initiative pour le développement international. L’histoire de ce petit génie est de celles que l’on aimerait entendre plus souvent.

Dès l’âge de 13 ans, Kelvin bricole des appareils chez lui. Mais, pour les alimenter en électricité, étant donné la situation de son village, il lui apparaît vite évident qu’il aura besoin d’une batterie. Le problème, c’est que ces dernières sont bien trop coûteuses pour lui. Il décide donc d’en fabriquer une, alors même qu’il n’a jamais suivi de quelconques études d’ingénieur! En démontant de vieilles batteries, il observe leur fonctionnement, puis va récupérer les éléments dont il a besoin dans les poubelles. Après plusieurs essais, il atteint son objectif en assemblant du soda, de l’acide et du métal, le tout maintenu par du scotch!

 

 

Une radio libre créée à partir de détritus


Mais cette première étape n’est finalement qu’un entraînement. Quelques temps plus tard, encore une fois à partir de matériel récupéré dans les poubelles, il fabrique un générateur électrique! Grâce à cela, en plus d’éclairer sa maison et de permettre à ses voisins de recharger leurs téléphones, il parvient à alimenter une radio FM, qu’il a évidemment aussi fabriqué lui même. Grâce à un baladeur CD réparé, une antenne bricolée et une table de mixage, il anime tous les jours des émissions pour son voisinage.

Sa radio lui permet de passer de la musique, mais elle vise aussi à «donner la parole aux jeunes», comme il l’explique dans une vidéo réalisé par THNKR .Ses amis jouent le rôle de reporters et d’animateurs, interviewant des membres de la communauté ou des supporters lors des matchs de football du coin. La moyenne d’âge de l’équipe ne dépasse pas les 12 ans. «Avoir une radio dans notre communauté, cela nous permet de débattre des problèmes affectant notre village, mais aussi le Sierra Leone dans son ensemble» plaide-t-il. Il se sert également de son matériel pour animer des fêtes d’anniversaire ou des événements du village. Son nom d’artiste? DJ Focus, parce que selon lui «si vous vous concentrez (focus en anglais, ndlr) vraiment, vous êtes parfaitement capable d’inventer».

Finalement, c’est grâce à David Sengeh, un étudiant Sierra-Léonais du MIT que Kelvin va être repéré.

L’innovation étant à ses yeux un facteur clé pour le développement d’un pays, il lance un challenge s’adressant aux lycéens du pays, «Innovate Salone». «En mars 2012, nous leur avons demandé d’inventer des solutions aux problèmes auxquels ils étaient confrontés dans leur vie quotidienne. Six semaines plus tard, plus de 300 jeunes nous avaient proposé des projets, répondant à certains des problèmes les plus importants du Sierra Leone» précise-t-il à CNN .C’est durant ce programme qu’il fait la rencontre de Kelvin Doe.

 

A la découverte de l’Amérique!


Tout s’accélère alors pour le jeune homme. Impressionné par sa débrouillardise et son intelligence, David
Sengeh plaide sa cause au MIT et lui obtient une invitation de 2 semaines pour découvrir les laboratoires, suivre quelques cours et perfectionner ses connaissances. Il s’occupe de son visa et de son voyage. Au programme, visite de New-York, mais aussi une rencontre avec le président de Harvard !

Si l’expérience lui apporte beaucoup, la vie aux États-Unis ne semble pas réellement le séduire. La froideur des gens l’a particulièrement marquée. «Dans son village, il est habitué à dire bonjour à tout le monde» analyse David, son mentor. «Il a aussi eu du mal à s’habituer à la nourriture!». A entendre le jeune Kelvin, tout cela n’a de toute façon pas beaucoup d’importance. «Tout ce que je veux, c’est aider ma famille, rendre la vie de mes proches plus facile». Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne manque pas d’idée pour y parvenir: «je veux construire une éolienne, pour fournir de l’électricité à tout mon village!».

Pour plus d’informations sur l’initiative «Innovate Salone»: innovatesalone.org



Les relations à distance ne sont pas si difficiles à vivre




Les acteurs Drew Barrymore et Justin Long incarnent des amants vivant chacun à un bout des Etats-Unis dans la comédie romantique «Trop loin pour toi» («Going the distance»). Crédit photo: Warner Bros.


Dans une relation de couple, la distance géographique n'est pas forcément un frein à la satisfaction relationnelle, relève une étude internationale.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les relations de couple à distance apporteraient autant, voire davantage de satisfaction et de communication que dans les relations plus traditionnelles impliquant la proximité géographique des deux partenaires. C'est en tout cas ce que révèle une étude récente réalisée par deux chercheurs, L. Crystal Jiang (Université de Hong-Kong) et Jeffrey T. Hancock (Université américaine de Cornell) publiée récemment dans le Journal of Communication.

Selon les chercheurs, pour compenser la frustration et le sentiment d'insécurité relationnelle liés à l'éloignement géographique, les partenaires vont être amenés à modifier leur comportement affectif: ils auront ainsi tendance à dévoiler davantage leurs sentiments, à éviter les sujets de discorde et à développer une relation constructive portée par des objectifs communs. Ils trouveraient ainsi un mode de relation satisfaisant.

Seconde conclusion de l'étude: les chercheurs ont pu observer que dans les relations amoureuses à distance, la tendance à l'idéalisation du partenaire et de la relation elle-même s'avère beaucoup plus marquée que dans les relations où les partenaires partagent une proximité géographique. En résumé: les couples «longue distance» seraient aussi heureux, voire davantage, que les autres.


Des conclusions qui n'étonnent pas vraiment Antoine Spath, psychologue à Paris, spécialisé en sexologie et thérapies de couple. «C'est tout à fait compréhensible. Quand il y a distance du corps, les situations conflictuelles s'érodent», souligne-t-il. Plus facile en effet de bien s'entendre quand on n'est pas confronté aux vicissitudes de la vie quotidienne qui requièrent de la part de chacun une certaine souplesse et l'acceptation des «défauts» de l'autre.

 

L'importance de la proximité physique


Pour autant, si satisfaisantes qu'elles apparaissent dans les conclusions de cette étude, les relations longue distance amènent à s'interroger sur la construction du lien amoureux. Avec de faibles occasions de rencontres en face-à-face, la relation des couples «longue distance» ne reposerait-elle pas sur une illusion? «Dans ce type de relation, on peut facilement se faire un film dans son coin en se nourrissant d'un lien symbolique rarement mis à l'épreuve de la réalité», explique Antoine Spath. «Même si les outils modernes facilitent la communication immédiate, l'absence de contacts rapprochés dévitalise la relation et peut amener un repli narcissique où l'autre n'existe pas vraiment, ou seulement à travers un lien imaginaire», poursuit le thérapeute.

Et de rappeler qu'une relation amoureuse épanouie implique nécessairement la présence des corps ainsi qu'une ritualisation des rencontres, même s'il n'est pas indispensable de vivre sous le même toit. «C'est le fondement d'une relation amoureuse impliquant un vécu affectif riche, déclaré et intense», conclut Antoine Spath.

Menée auprès de jeunes couples américains, l'étude n'aborde d'ailleurs pas la question de la sexualité et de la fidélité des couples interrogés.

(1) Etude réalisée sur 67 couples hétérosexuels américains âgés de 18 à 34 ans en relation depuis 22 mois en moyenne.

Source: Lefigaro

 


Sommes-nous tous classés fous ?




© Jupiter


Publié par la puissante Association américaine de psychiatrie, le DSM est l'outil psychiatrique le plus utilisé dans le monde. Sa dernière édition accumule les erreurs grossières et les confusions. Des psychiatres, des rédacteurs des manuels précédents, des psychanalystes mettent en garde contre sa publication, qui aboutira selon eux à des erreurs de diagnostic, mais surtout à un recours dangereux et excessif aux médicaments.

Je ne comprends pas. Dans les publicités à la télé, ils disent que, grâce à cet antidépresseur, les gens vont mieux ! » s’exclame une mère désespérée dans Effets secondaires, le dernier film de Steven Soderbergh. Le réalisateur y décrit une Amérique perfusée aux psychotropes, dans laquelle des cadres supérieurs hallucinés gobent, comme des sucreries, des anxiolytiques fabriqués, marketés et vendus par des firmes spéculant sur leur rentabilité. Le héros, psychiatre, fait avaler un bêtabloquant à sa compagne, stressée par un entretien d’embauche en lui expliquant : « Ça ne fait pas de toi quelqu’un d’autre. Ça t’aide à être toi-même ! » La fiction reflète-t-elle la réalité ? Les bases de la psychanalyse et de la psychothérapie auraient-elles été avalées et digérées avec succès par l’industrie pharmaceutique ? Oui, hélas ! répondent des intellectuels, des psychiatres américains et européens. La faute à qui ? Au DSM, répondent-ils, alias le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders

À quoi ressemble donc l’objet ? « À un menu de restaurant chinois », ironise le psychiatre et psychothérapeute américain Irvin Yalom. Pas faux : il ne s’agit de rien d’autre qu’une liste de « troubles » définis par des symptômes et numérotés, afin que les médecins et fonctionnaires des systèmes de santé puissent entrer des codes dans des logiciels administratifs. Vous reprendrez bien un peu de « trouble douloureux », ou plutôt de F45.4 ? Un dictionnaire brut dont la cinquième édition est sortie le 22 mai aux États-Unis et est attendue prochainement en France. « C’est un outil précieux, soutient quant à lui le psychiatre Antoine Pelissolo, qui a participé à la traduction en français de la quatrième édition. Il nous permet à nous, chercheurs et cliniciens, de parler une langue internationale commune, particulièrement dans le domaine des études. Nous pouvons nommer, identifier les sujets sur lesquels nous travaillons, en discuter, échanger entre scientifiques issus de différents pays, cultures ; et, bien sûr, solliciter des budgets, des financements pour nos travaux. »

Une catastrophe


Cette nouvelle version est une catastrophe, assurent des rédacteurs des éditions antérieures et des psychiatres renommés, comme le professeur américain Allen J. Frances, qui avait supervisé le quatrième opus. Un avis partagé par Mikkel Borch- Jacobsen, philosophe et historien de la psychiatrie : « Dans sa première version, le DSM ne recensait que cent six troubles mentaux. Dans sa troisième édition, à partir de laquelle tout a commencé à déraper et qui rejette définitivement toute référence psychanalytique, le nombre est passé à deux cent soixante-cinq. Et depuis, c’est l’inflation. Certains qui n’existent pas ont été créés en s’appuyant uniquement sur des constellations de symptômes. Mais, dans le domaine des maladies mentales, ces derniers ne cessent de se croiser et sont souvent voisins d’une pathologie à l’autre. Les laboratoires se sont infiltrés dans les groupes d’experts de l’Association américaine de psychiatrie (APA), qui publie le manuel, leur suggérant de nouveaux troubles destinés à écouler les psychotropes qu’ils souhaitent mettre en vente sur le marché. »

Dans ses dernières parutions, le DSM a donc ajouté à sa nomenclature des émotions comme la colère, le stress ou le chagrin. Que se passe-t-il si les états émotionnels sont diagnostiqués comme troubles psychiatriques ? Les médecins prescrivent des médicaments fabriqués pour enrayer chimiquement la souffrance de leurs patients. Vous avez un problème ? La chimie sera la solution ! « L’année dernière, environ 20 % des Français ont utilisé des psychotropes », rappelle le psychiatre et psychanalyste Patrick Landman.

Jusqu’où ira l’absurdité ?

Triste après un deuil ?


Florilège de cinq « nouveaux symptômes » initiés par les auteurs du « DSM-5 » et démontés, pour Psychologies par les spécialistes Mikkel Borch- Jacobsen, Maurice Corcos et Christopher Lane.
 
Toujours triste après deux mois de deuil ?

Vous souffrez d'un épisode dépressif majeur.

Vous avez soixante jours pour vous remettre d'un deuil, selon le DSM-5, assure Christopher Lane, auteur d'un ouvrage de référence sur le sujet. Au-delà de cette limite, si vous n'êtes pas guéri, vous traversez sans doute un EDM, épisode dépressif majeur. D'après Maurice Corcos, pédopsychiatre à l'Institut mutualiste Montsouris, à Paris, « dans la troisième édition, c'était trois mois, et là nous sommes passés à deux.

L'histoire personnelle n'est pas prise en compte. C'est une aberration totale. Même la revue scientifique médicale britannique The Lancet a dénoncé cette "nouveauté". Nul besoin d'être psychanalyste pour rappeler que ça vaut la peine d'accepter ce moment d'introspection avec soi-même qu'est le deuil, de commémorer - c'est-à-dire de faire comme le mort, de rester en suspens avec lui, d'incorporer ce qu'il a encore à nous dire. Si ce processus est cassé par des antidépresseurs, les effets psychologiques et somatiques peuvent être graves. Cela ressemble à une opération de marketing destinée à l'industrie pharmaceutique. Dès que les médecins généralistes verront que le patient est encore dépressif passé ces deux mois, ils multiplieront les prescriptions d'antidépresseurs ». Même analyse de Mikkel Borch-Jacobsen, qui parle de « cadeau fait aux labos ».

 

 

Un enfant colérique ?

 

Un enfant colérique à la maison ? 
 
Il souffre du trouble d'humeur explosive.

Tout jeune piquant plus de trois colères par semaine pendant douze semaines en serait atteint, selon le DSM-5. Maurice Corcos, estime, lui, que « ce trouble n'existe pas. C'est une abstraction. Il ne correspond pas à des données de terrain fiables et évaluées en plusieurs étapes, comme ce doit être le cas. Il répond à une logique de médecine préventive. Les rédacteurs du DSM veulent associer l'hyperactivité de l'enfant et les humeurs explosives de l'adolescence qui conduiraient aux troubles bipolaires à l'âge adulte. Il s'agit d'entretenir l'idée qu'il y aurait un lien entre les trois. Ainsi, ils pourraient traiter le problème avant même qu'il ne surgisse, même s'il ne surgit jamais ! Des enfants et des adolescents vont donc être surdiagnostiqués.  »

 

Vous êtes timide ?

 
Timide ?
 
Vous souffrez de phobie sociale.

Si vous n’osez pas ou n’aimez pas utiliser les toilettes publiques, vous êtes malade ! Commentaire de Maurice Corcos : « La timidité est une notion relative. Aux États-Unis, ce n’est par exemple pas la même chose qu’au Japon. Dans ce pays, où il est d’usage de tenir des positions de retrait, beaucoup d’individus vont pouvoir être mis sous antidépresseurs. Là encore, les rédacteurs du manuel ne tiennent pas compte de l’histoire ou de la “socioculture” des autres régions du monde. Plutôt que de médicaliser, on pourrait aussi se demander quel est le feu intérieur qui fait rougir le timide, l’inciter à échanger, à bavarder avec un thérapeute. Mais cela demande plus de temps que de donner un médicament, c’est sûr ! »

Vous êtes étourdi ?

 
Distrait ? Etourdi ? 
 
Vous souffrez de troubles neurocognitifs mineurs.

« Flottant », rêveur, vous oubliez parfois vos rendez- vous. Votre sens de l’orientation laisse à désirer. Avec l’âge, votre mémoire se fait sélective. Vous entrez dans cette catégorie, et constituez par là même une aubaine pour « les compagnies qui produisent des médicaments inefficaces contre la maladie d’Alzheimer, mais vont pouvoir recycler leurs molécules déficientes en jouant la carte de la prévention », diagnostique Mikkel Borch-Jacobsen. Maurice Corcos y voit aussi une célébration de « la culture de la performance, soucieuse de dépister les troubles démentiels le plus tôt possible pour les traiter. Qui va entrer là-dedans ? Les personnes âgées, certes, mais aussi les jeunes un peu distraits, ceux qui sont dans la lune…

C’est très inquiétant, car cela ouvre la porte à une prescription médicamenteuse alors qu’aucune étude solide n’existe sur le sujet ».

 

Vous êtes collectionneur ?

 
Collectionneur ?
 
Vous souffrez de troubles d'accumulation compulsive.

Vous n’arrivez pas à jeter ? Vous avez parfois du mal à circuler chez vous parce que vous refusez de vendre ou de donner les meubles dont vous avez hérité ? Vous êtes malade. « Il ne faut pas exagérer. Il faut en avoir entassé, des choses, pour ne plus pouvoir se déplacer chez soi », soutient le psychiatre Antoine Pelissolo, qui défend l’apparition de ce trouble dans le DSM. Non, objectent certains de ses confrères, rappelant l’exiguïté de bien des logements dans les grandes villes et la propension à entasser de nombreux individus. « Imaginez une personne âgée qui vit dans un tout petit appartement », remarque Mikkel Borch-Jacobsen. Maurice Corcos s’insurge : « Il va y en avoir des malades ! Tous ceux dont les armoires, dont les pièces débordent ? Non et non ! ce n’est pas une maladie. Juste le signe d’une gestion particulière de la perte, du deuil, qui consiste à investir les objets collectionnés ou conservés de l’aura du souvenir. Ils n’ont pas compris cela, à l’APA ! Considérer ceux qui ont une certaine complaisance à cultiver la nostalgie comme des malades mentaux revient à considérer que le temps n’existe pas. Et c’est exactement ce que véhiculent les dernières éditions du DSM. » Un rapport au temps perdu parce que seul comptent le présent, la performance et l’efficacité. Conclusion de Maurice Corcos : « Avec ce type de vision de l’existence, les médecins ne soigneront bientôt plus les patients. Ils les traiteront, ou plutôt, selon moi, les maltraiteront ! »

Source: Psychologies.com




Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure ?!





 La sélection naturelle aurait conduit à conserver les humains les plus anxieux car ce sont ceux qui, du fait de leurs craintes excessives, ont le mieux anticipé le danger et ont pu s’en protéger.


Le fait d’être angoissé pourrait être un trait constitutif de l’être humain. Ainsi, des chercheurs américains d’un groupe pluridisciplinaire (université de Columbia, Institut américain de la santé, laboratoire pharmaceutique GSK) estiment que l’angoisse excessive qui frappe parfois certains de nos semblables aurait coévolué avec l’intelligence humaine. Ce que l’on décrit habituellement comme une souffrance, à savoir l’anxiété, serait en fait un trait bénéfique pour l’espèce humaine, soulignent les auteurs, dont les résultats ont été publiés le 12 avril dans la revueFrontiers in Evolutionary Neurosciences.

Pour aboutir à cette conclusion, ils ont mis en évidence une corrélation chez certaines personnes entre un niveau d’angoisse excessif et des tests de quotient intellectuel très élevés. «Alors que les craintes exagérées sont considérées comme un signe de personnalité négatif, au contraire de l’intelligence, qui est jugée positivement, l’angoisse aurait permis à notre espèce au long de son histoire d’éviter des situations dangereuses, écrivent les auteurs. Elle lui aurait permis de ne pas prendre de risques, et de survivre dans certains cas.»

 
Stratégie de survie

En clair, la sélection naturelle a conservé les humains les plus anxieux, ceux qui, du fait de leurs craintes excessives, ont été amenés à anticiper le danger et à mettre en œuvre des stratégies sophistiquées pour s’en prémunir.

Dans leur étude, les chercheurs se sont intéressés à 26 personnes souffrant d’un syndrome d’anxiété généralisée et les ont comparées à 18 volontaires sains. Tous ont subi des tests de mesure de l’intelligence. Dans le premier groupe, les plus anxieux étaient aussi ceux qui avaient les résultats les plus performants lors des tests d’intelligence.

Source : sante.lefigaro.fr



5 questions gênantes que les femmes n’osent pas poser ?!



1. Il y a une tache humide sur le lit après les rapports sexuels… et elle est de mon côté. Est-ce que c’est ce que je crois ?

Est-ce que ça sent l’urine? Si oui, vous avez votre réponse. Il y a souvent un peu de liquide qui reste dans la vessie, même après que la femme est allée aux toilettes, explique Lauren Streicher, Docteur en médecine, professeur d’obstétrique et de gynécologie à la Feinberg School of Medicine de l’université Northwestern.

Certaines positions sexuelles – comme le missionnaire – peuvent exercer une pression suffisante sur la vessie pour provoquer une fuite. Si cela n’arrive que de temps en temps, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Si le liquide n’a pas d’odeur ou une odeur musquée et que vous allez avoir vos règles, alors, selon Streicher, vous avez peut-être éjaculé (ça arrive bien dans Sex and the City alors pourquoi pas vous ?) « Mais si vous avez régulièrement des pertes d’urine, cela pourrait être un signe d’incontinence, » indique Streicher. Elle conseille alors de renforcer vos muscles pelviens avec des « Kegels » (ces engins marchent vraiment!) et d’envisager d’en parler avec votre gynécologue ou un kinésithérapeute spécialisé en santé féminine.

2. Pourquoi est-ce que parfois, je ris ou pleure de façon incontrôlable pendant l’amour?

« Le sexe est un acte neurologique et émotionnel » déclare Debby Herbenick, chercheuse au Center for Sexual Health Promotion de l’université d’Indiana et auteur du livre Sex Made Easy. En d’autres termes, c’est un moment intense et se mettre à nu (dans tous les sens du terme) devant quelqu’un peut provoquer des sentiments inattendus. Une réaction émotive peut aussi être due aux hormones, selon où vous en êtes dans votre cycle menstruel ou à des peurs que vous éprouvez à propos de cette relation. C’est vous qui vous connaissez le mieux : si vous avez l’impression que quelque chose ne va pas, il faut penser à en parler à votre partenaire ou à un thérapeute.


3. Je suis loin de la ménopause, mais dans l’hémisphère sud, c’est aussi sec que le Sahara – même quand je suis d’humeur. Pourquoi ?

Il y a bien des facteurs impliqués dans la lubrification naturelle du vagin, mais tout élément qui perturberait votre niveau d’hormones ou le flux sanguin dans votre corps peut vous assécher, explique Streicher, qui travaille sur un livre à propos de la santé sexuelle. Elle ajoute que près de 5 % des femmes prenant une contraception orale connaissent une sécheresse vaginale – et pourtant, certains gynécologues ne font pas la connexion. Au rang des responsables qui n’ont rien à voir avec l’âge, on compte aussi les antihistaminiques, l’allaitement, la chimiothérapie, la fécondation in vitro et le diabète. Une solution facile : Streicher recommande d’appliquer un bon lubrifiant à base de silicone avant les rapports sexuels.

4. Devrais-je m’inquiéter si je saigne après des rapports sexuels ?

Si le sang a une couleur claire et que cela n’est arrivé qu’une fois (surtout après des ébats intenses), c’est probablement juste le résultat d’une irritation ou d’un frottement, indique Streicher. Mais si cela se reproduit ou qu’il y a une bonne quantité de sang, alors vous devriez prendre rendez-vous avec votre gynécologue.

Cela pourrait venir du col de l’utérus ou être causé par une infection comme la chlamydiose ou la gonorrhée.

5. A propos de cette, euh, odeur aquatique…

Petite leçon scientifique offerte par le Dr Streicher : le pH normal d’un vagin est entre 3,5 et 4,5, ce qui crée les meilleures conditions pour les bonnes bactéries de se développer. Mais si le pH s’élève trop, ces bonnes bactéries ne peuvent survivre, ce qui permet aux mauvaises bactéries de prendre le dessus, menant à cette odeur de poisson pas très glamour ainsi qu’aux infections telles la vaginose bactérienne. Habituellement, le sperme se trouve avoir un pH élevé, autour de 7,4. « Donc si votre niveau de pH est déjà plutôt élevé ou que vous avez beaucoup de rapports sexuels, l’introduction de sperme au pH élevé peut vous faire franchir cette limite » explique Streicher. Vos règles peuvent aussi augmenter votre niveau de pH. Streicher prescrit parfois du gel vaginal appelé Rephresh, en vente libre, pour vous aider à maintenir l’équilibre et recommande également la prise de probiotiques vaginaux (qui ne sont pas les mêmes que ceux à destination des intestins).

Et si le bouquet dont vous parlez sent l’eau de javel ou le chlore, selon Streicher : « Et bien, c’est juste du sperme. »

Rappelons qu’il faut toujours consulter son médecin pour un conseil et un traitement appropriés avant de commencer tout traitement.



Pourquoi je suis accro à Facebook ?!



© Jupiter

Les adolescents ne sont pas les seuls utilisateurs des réseaux sociaux. Aujourd’hui, tout le monde – ou presque – s’y est mis. Mais certains beaucoup plus que d’autres… Pourquoi passer tout son temps sur Facebook ? Comment se « désintoxiquer » ?
 Aurore Aimelet

À 31 ans, Benjamin, comptable, passe plus de deux heures par jour sur Facebook. « Je mets à jour mon statut, commente le mur de mes amis, publie les dernières photos de mon fils… Je suis littéralement accro ! »
Pourquoi ? D’abord, parce que les concepteurs de Facebook font tout pour ! Comme l’explique Fanny Georges, chercheuse au CNRS, « l’interface est constituée de telle sorte que ce ne sont pas les informations
personnelles de l’utilisateur qui sont mises en avant, ce qu’il aime, par exemple, mais l’historique de ses manifestations sur le site : ce qu’il vient de mettre en ligne, avec qui il est désormais ami, etc. ». Le dispositif est pensé pour que les « signes de présence » émis par Benjamin soient fréquents et valorisés. Une temporalité qui pousse à ne pas décrocher…

 

Combler un vide intérieur


Pour le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, « les désirs sous-jacents à cette activité ont toujours habité l’être humain, le désir que les autres ne nous oublient pas, par exemple ». Publier son humeur se rapproche des quelques mots envoyés jadis sur une carte postale. « Le danger ne survient que lorsque la réalité nous apparaît trop frustrante, poursuit le psychanalyste. Et que nous cherchons à combler cette insatisfaction dans le monde non pas imaginaire, mais virtuel. » Thomas Gaon, psychologue clinicien et cofondateur de l'OMNSH, confirme : « Comme dans tout processus d’addiction, le risque intervient quand nous chargeons l’extérieur de combler un vide intérieur. » Dès lors que l’utilisation de Facebook n’est plus un moyen parmi d’autres d’obtenir reconnaissance et valorisation, mais l’unique moyen, il y a moins surconsommation que mauvaise consommation.

Trouver une sécurité affective

 

Facebook rassure, « favorise le sentiment d’être intégré socialement, constate Fanny Georges. L’idée est d’être toujours en lien avec autrui, même hors connexion ». Nos « amis » peuvent à tout moment venir nous « voir ». Mais pourquoi utiliser Facebook pour satisfaire ce besoin d’appartenance ? « Timides dans la vie réelle, certains se sentent moins vulnérables sur le Net, répond Thomas Gaon. D’autres, déjà très extravertis, poursuivent ainsi leur parade. »

 

Se forger une identité


Selon le psychologue, « Facebook est à la fois une mise en scène de soi à destination des autres, une possibilité de dire à tout moment “J’existe !”, mais aussi un endroit où chacun peut s’évaluer, se comparer. Et répondre aux questions existentielles : “Qui suis-je ? Quelle est ma place ?” » Le réseau participe ainsi à la construction de l’identité, et répond à un besoin de se rassurer sur qui nous sommes, dans une époque où les repères identitaires sont fragiles.

Comment s'en sortir

  • Modérer les informations personnelles

Selon Serge Tisseron, « la divulgation d’informations très personnelles et d’éléments sur sa vie privée peut comporter des risques ». Dont celui d’avoir le sentiment de ne jamais en dire assez ! Car plus nous racontons notre vie au quotidien, plus nous ressentons le besoin de mettre à jour ces informations… Donc, de passer du temps sur le réseau.

  • Créer du lien non virtuel

« Puisque Facebook permet d’avoir des amis, pourquoi ne pas les voir plus souvent ? interroge Thomas Gaon. Des invitations – concert, théâtre, exposition – sont envoyées aux utilisateurs, pourquoi ne pas s’y déplacer ? Pour tempérer sa consommation de virtuel, rien de mieux que de trouver, dans la réalité, des objets de satisfaction. »

  • Favoriser les moments d’introspection

« Si la représentation de soi en ligne vient compléter l’identité de chacun, elle ne la remplace pas, rappelle Fanny Georges. Se construire intérieurement passe nécessairement par des moments de solitude et d’introspection. » Tous ces commentaires postés sur notre profi l, et si nous commencions par y réfl échir par nous-même, en solitaire ? Ce travail peut aussi passer par de « vraies » lectures d’écrivains ou de philosophes – souvent plus enrichissantes que les messages de nos « amis ».

Source : Psychologies



Peut-on être célibataire et heureux ?!

 

 

© Jupiter

Ils sont de plus en plus nombreux à être seuls. Certains, par choix. D’autres pas. Aujourd’hui, les célibataires démontrent qu’il est possible d’exister et de s’épanouir en dehors du sacro-saint couple. Mais ils doivent lutter contre une pression sociale et familiale à vivre à deux qui demeure très forte. Sans compter celle qu’ils se mettent parfois à eux-mêmes.

Margaux Rambert

« Mon existence en solo, je la vis pleinement. J’ai envie de refaire ma vie, mais pas à n’importe quel prix », explique Christelle, 35 ans, mère-célibataire divorcée depuis deux ans. « Je profite des variantes de l’amour : la tendresse que je trouve auprès de ma famille et de ma fille, la complicité que je partage avec mes amis… »

À l’heure où le mariage n’est plus un passage obligé, où la vie de couple se pense davantage en CDD qu’en CDI et où la société se fait de plus en individualiste, nous sommes tous amenés à connaître des périodes de célibat. Fini le temps où les Catherinettes étaient raillées et les vieux garçons tournés en ridicule. Aujourd’hui, les célibataires s’assument et certains n’hésitent pas à vanter les mérites de la vie en solo. Sans en faire pour autant un projet de vie.

 

Des célibataires épanouis


Parmi les solos, ils sont nombreux à prouver qu’il est possible d’exister et de s’épanouir en dehors de la vie de couple, qui est souvent loin d’être un long fleuve tranquille. Lui préférant, un temps au moins, le célibat.

Pour Léa, 41 ans, vivre seule est un choix. « Je ne me marierai pas, j'ai vu trop de désastres autour de moi. En revanche, je ne dis pas que je ne craque pas de temps en temps. Avoir un compagnon de route est appréciable, mais pas à temps plein. » D’autant que les femmes, qui ont acquis leur indépendance financière, ont maintenant ce choix.

Exit l’image du célibataire malheureux et laissé pour compte. Place à celle d’un célibat qui peut être source d’épanouissement. La clé ? « Se fréquenter soi-même, être davantage à son écoute, répond Dominique Contardo-Jacquelin, psychothérapeute. S’interroger sur ce qui me ferait plaisir, sur les personnes que je pourrais rencontrer… » Et aussi, trouver d’autres domaines de réalisation de soi que le couple : professionnel, artistique, associatif, sportif… Mais les célibataires ont beau prouver qu’exister autrement qu’à deux est possible et jouir d’une image plus positive qu’avant, ils continuent de déranger.

Le couple reste la norme


Isabelle a 37 ans. Elle est aujourd’hui seule et sans enfant. « Lors des réunions familiales, je génère de l’indifférence ou de la gêne. Au travail, j’essuie toutes sortes de remarques. Auparavant, cela me faisait bondir. Maintenant, j’essaye de me détacher de ce miroir qu'ils projettent sur moi et qui n'est en rien mon reflet. » Aujourd’hui encore, on continue d’attendre du célibataire qu’il trouve un jour sa moitié. Si possible avant d’avoir atteint la trentaine, décennie fatidique pour tous ceux qui ne sont pas encore « casés ». Quant aux quadras et quinquagénaires séparés, il leur revient de tourner rapidement la page et de retrouver quelqu’un sans tarder. « La pression est en fait beaucoup plus insidieuse, explique Florence Maillochon, sociologue et chargée de recherche à l’Ined. Nous sommes élevés dans une idéologie très libre, régie par le culte de l’individualisme. Il n’y a plus d’obligation à former une famille traditionnelle. Mais l’incitation à être en couple demeure très lourde. »


Médias, publicités, sites de rencontre… Partout, c’est l’apologie du couple, qui, dans notre société soi-disant décomplexée, reste la règle. C’est un signe de socialisation et, il faut l’avouer, une façon de se rendre l’existence plus confortable : pour affronter la vie et ses épreuves, pour acheter une maison, partir en voyage, ou tout simplement, aller à l’hôtel, mieux vaut être deux. Dans un monde où tout est conçu pour les couples, « il est difficile d’être seul, ajoute Jean-Michel Hirt, psychanalyste. Beaucoup de gens sont convaincus, et je crois, à juste titre, que la grande aventure d’une vie est une histoire d’amour. C’est ce qui est le plus exaltant. »

Célibataire et heureux ?


En couple, se dit-on, il y a cette joie de pouvoir échanger, partager ensemble. « Le jour où je me suis mariée, je me suis sentie soulagée, raconte plumedepaon, notre psychonaute. Je ne m’imaginais pas pouvoir être heureuse autrement. » La vie à deux, une condition au bonheur ? Pour Jean-Michel Hirt, « cette aspiration au couple vient de l’enfance. Si ses parents ne s’entendaient pas, on rêve d’avoir une compensation à l’âge adulte. Sinon, on cherche à revivre quelque chose de bon. » Même si nous passons par des périodes de célibat, notre idéal serait donc de trouver quelqu’un avec qui avancer, se construire…

« Mais le diktat du couple n’existe plus, analyse Dominique Contardo-Jacquelin. Le couple est l’une des facettes de la construction de l’identité. Aujourd’hui, chaque individu est autorisé à devenir lui-même, sans pour autant être en adaptation avec quelqu’un d’autre. Pendant longtemps, les femmes se sont définies par rapport à leur mari. Aujourd’hui, c’est terminé. Chez de plus en plus de personnes, on retrouve une exigence fondamentale : devenir soi, définir ses goûts, faire des choix… Soi-même. Et non en fonction d’un autre ». Et si bien vivre son célibat, cette occasion privilégiée de se réaliser en se retrouvant en tête à tête avec soi-même, était le meilleur moyen de retrouver, par la suite, plus facilement l’amour ?

Le célibat, une période transitoire ?


Novembre 2009. « Nouveau départ », le Salon du divorce, de la séparation et du veuvage se tient pour la première fois à Paris. Objectif : permettre aux futurs et actuels divorcés de réussir leur séparation. Et surtout, de refaire leur vie. Clubs de rencontres, coaching en tout genre -relooking, déco-, agence proposant des voyages en solo… Après la séparation, un nouveau mariage ? Tout semble inviter ces célibataires à ne surtout pas le rester trop longtemps.


Témoignage : « Je me suis découverte d'assez bonne compagnie »


Eva, 36 ans, s’est mariée à 28 ans. Il y a trois ans, elle se sépare du père de ses enfants. Ils ont divorcé depuis un an.

« Au début, j'étais complètement perdue. Je n'avais jamais vécu seule. L'idée d'aller me coucher et de vieillir sans personne à mes côtés m'angoissait. Les premiers à avoir fait pression sur moi, ce sont mes enfants, mon fils de cinq ans en particulier. Le fait que je sois seule le tracassait. Il voulait absolument que j'aie un amoureux, quelqu'un qui m'aime. Cela m'a beaucoup touchée et, bizarrement aussi, beaucoup déculpabilisée. Je m'inquiétais pour eux, ils s'inquiétaient pour moi. Nous en avons beaucoup discuté ensemble. Aujourd'hui, ils n'y trouvent pas la même urgence. Je suis très bien toute seule et ils l'ont compris.

Maintenant, c’est mon entourage qui s'alarme. C'est vrai que les premiers mois, la première année, on pouvait bien me l'accorder, mais trois ans, cela commence à faire long. Régulièrement, on me demande si j'ai rencontré quelqu'un, on cherche à me présenter un homme. Je dis "non merci", je ris, je dis que je n'ai pas le temps.

Avant, j'avais « le fantasme de la famille Ricorée ». C'est terminé. Il me faut trouver un nouveau modèle. Mais je ne suis pas tentée par celui de la famille recomposée. Je me suis habituée à la garde alternée : une semaine avec les enfants, tous les trois ; puis une semaine toute seule, en célibataire. Parfois, je sors, parfois, je goûte simplement ce plaisir inédit du silence, de la solitude. L'idée de partager mon lit ne m'inquiète pas. Celle de laisser quelqu’un entrer dans mon quotidien ne me plaît guère, je dois le reconnaître. C'est ce qui choque les gens, je pense. Ils ne me croient pas.


Pour moi, ce célibat n’est évidemment pas un projet de vie. Mais c'est un fait auquel je me suis habituée, auquel j'ai pris goût. Je ne voudrais pas que l'on envahisse cet espace de pure liberté. Parfois, je suis un peu troublée de constater à quel point je vis bien cette solitude. Je me demande même si je n’ai pas perdu la capacité d'aimer. Mais je ne crois pas. Je ne me suis pas renfermée. J'ai une vie bien remplie, dans laquelle je me réserve aussi des temps d’inactivité. Au fond, il est là le grand gain. C'est à cela que je ne suis pas prête à renoncer. Vivre avec quelqu'un - en tout cas pour quelqu'un comme moi -, c'est vivre sans cesse avec l'idée de l'autre, de ses envies... Je me demandais toujours ce qui allait lui plaire. Aujourd’hui, j’ai découvert mes propres goûts, mes limites. Je me sens très libre, très forte. Finalement, je me suis découverte d'assez bonne compagnie. »

Source :  Psychologies


Point P : les secrets de l’orgasme prostatique ?!


© Thinkstock

C’est une pratique sexuelle taboue. Considérée comme réservée aux homosexuels, la stimulation de la prostate est pourtant à l’origine d’orgasmes d’un autre genre. Plus puissants, disent même les hommes qui ont essayé. Retour, avec le sexologue Alain Héril sur le fameux point P. Et témoignage de Rodolphe, l'un de nos psychonautes, sur ce nouveau plaisir qu'il a découvert.

A quoi ressemble l’orgasme prostatique ?

  Alain Héril : L’orgasme prostatique relève d’un ressenti intérieur, et non, contrairement à l’habitude chez les hommes, d’une sensation de quelque chose qui va vers l’extérieur. C’est pour cela que souvent, on lui trouve une dimension féminine. Il s’agit aussi d’une sensation orgasmique plus globale : elle touche l’ensemble du corps, et pas seulement la zone essentiellement génitale. Certains ont d’ailleurs tendance à dire que c’est un orgasme plus puissant, plus subtil que les orgasmes habituels. Son autre caractéristique, c’est qu’il n’a pas de dimension éjaculatoire. Même si parfois, il peut être accompagné d’une éjaculation.

Comment y accéder ?

AH : Par stimulation de la prostate. Son accès est relativement facile, si ce n’est qu’il nécessite une introduction anale, soit au niveau manuel, soit par le biais de sex-toys, dont certains ont la spécificité, en stimulant le fameux point P, de provoquer un orgasme prostatique.

Que peut offrir à un homme la stimulation de sa prostate ? Certains parlent d’une véritable révolution, est-ce vraiment le cas ?

AH : Oui, il s’agit d’une révolution dans la mesure où cette pratique bouleverse complètement la représentation que l’on avait de l’orgasme masculin et de la fonction de l’homme dans la sexualité. Là, l’homme devient celui qui est pénétré. Et le plaisir éprouvé est indépendant de toute dimension procréative. Comme pour les femmes, lors de la stimulation du clitoris. Les deux sexes se retrouvent ainsi dans quelque chose de féminin. C’est d’ailleurs un mouvement de fond : alors que depuis des millénaires nous avons, en
 Occident, fait l’expérience d’une sexualité essentiellement masculine, les choses sont en train de changer.

Actuellement, nous assistons à un renversement de valeurs, avec l’idée que la libido est une énergie de type féminin - ce qui est posé depuis des millénaires dans des approches non occidentales comme le tantra - et que les hommes et les femmes doivent se retrouver à l’endroit du féminin.


On pense souvent que la stimulation de la prostate est une pratique réservée aux homosexuels, est-ce le cas ?


AH : Ca l’a été pendant très longtemps car dans la sexualité homosexuelle, il y a naturellement un rapport à l’analité plus direct que chez les hétérosexuels. Mais ces derniers acceptent de plus en plus l’idée qu’il puisse aussi y avoir dans l’hétérosexualité des pratiques anales entraînant des sensations agréables et particulières. En fait, il y a beaucoup de questionnements, de curiosité, mais peu de pratique.

Chez ceux qui ont pu essayer et apprécier la stimulation de leur prostate, la première interrogation est souvent : « suis-je un homosexuel refoulé » ? Qu’en est-il ?


AH : Il y a chez tout être humain ce, qu’en psychanalyse, on appelle une bisexualité psychique. Freud en parlait déjà. Dans la sexualité masculine, il existe donc une part d’homosexualité refoulée. Mais cela ne veut pas dire que tous les hommes sont des homosexuels. La vraie question, c’est : accepte-t-on cette dimension ou non ? Mais ce n’est pas parce qu’un homme ressent du plaisir en stimulant son point P qu’il est homosexuel. C’est simplement qu’il accepte qu’il n’y ait pas une opposition franche entre deux de ses personnalités sexuelles : l’une dominante, pénétrante ; l’autre, passive. Dans la stimulation prostatique, l’homme se laisse faire. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il se dévirilise ou qu’il perd sa capacité à être du côté du dominant. C’est simplement un jeu avec une part plus féminine, plus subtile de lui.



Si la pratique de la sodomie est de moins en mois taboue, la question de l'orgasme prostatique suscite souvent, chez les hommes comme les femmes, une réaction de fort dégoût. Comment l’expliquer ?

AH : Dans notre culture, la région anale reste une zone liée à la saleté, aux excréments. C’est la partie la moins noble du corps. Tant que l’on parle d’analité mais que cela reste abstrait, cela reste acceptable. Mais dès que vous parlez de stimulation de prostate, tout le monde pense que la prostate, il faut aller la chercher, la stimuler… L’analité crée alors des images très précises, ce qui peut entraîner du rejet et du dégoût chez beaucoup de personnes.


 Il paraît quand même paradoxal que cet orgasme réputé si puissant demeure en réalité si tabou ; si subversif, même, disent certains…


AH : Pendant très longtemps, on a éduqué les hommes à comprendre que leur plaisir était lié à leur puissance d’érection et d’éjaculation. Ce lien est posé dans l’inconscient collectif masculin. Là, il s’agit de tout à fait autre chose. Beaucoup pensent que s’ils éprouvent du plaisir de cette manière-là, ils ne vont plus en avoir que de la sorte. Mais la stimulation de la prostate est une pratique qui vient s’ajouter aux autres. Elle n’exclut pas la pénétration vaginale et tout ce que l’on connaît de la sexualité.

Pour les hommes qui l’apprécient, il n’est pas toujours évident d’aborder le sujet avec leur partenaire. Faut-il parler de son désir d'explorer cette zone à deux ? Comment ?

AH : Il n’est pas facile d’en parler car cette pratique modifie la vision que l’on a de ce que doit être la sexualité entre un homme et une femme. Et il y a encore beaucoup de femmes qui pensent que c’est l’homme qui les fait jouir, qu’il doit être dominant et elles, soumises. Tout va dépendre de la norme sexuelle que le couple aura mise en place. En fonction d’elle, le discours sera facile ou non. En tous les cas, il ne s’agit pas d’en parler à tout prix, ni de le faire à deux à tout prix. Si le couple a l’habitude de parler de sexualité, de la présence de sex-toys, de scénarios ludiques, il sera plus facile d’en parler naturellement à l’autre. Mais s’il s’agit d’un couple qui parle peu de sa sexualité, la demande une fois formulée pourra être violente pour la partenaire. Au final, si l’on a vraiment besoin d’en parler, il est bon de le faire de la façon dont on parle habituellement de sexualité.

 

« J'ignorais que j'étais capable d'une telle intensité orgasmique ! »


Rodolphe, l'un de nos psychonautes, a été l'un des rares à répondre à notre appel à témoins. Il a découvert son fameux point P. Il raconte.

« Il y a 6 ans, suite à des problèmes de dysfonction sexuelle dans ma vie de couple (éjaculation rapide), j’ai consulté un sexologue. Il m’a proposé l'approche dite "sexo-corporelle". Une heure par jour, je devais m'exercer à tendre et détendre certains muscles (cuisses, fesses, périnée), pour prendre conscience de leur existence. C’est durant ces "devoirs thérapeutiques" que je me suis autorisé à explorer mon corps plus intimement.

Et là, j’ai découvert ma prostate ! J’ai tout de suite compris pourquoi les homosexuels prétendaient avoir tant de plaisir dans leurs rapports sexuels. J'ignorais que j'étais capable d'une telle intensité orgasmique ! C'en était troublant. Presque gênant.
Passée la culpabilité (être un homme et jouer avec son anus relève d'une forme d'acceptation qui n'est pas facile d'emblée), j’ai pris plaisir à multiplier les essais, à diversifier les moyens de me stimuler analement.

Associée à la masturbation, la stimulation de la prostate (au doigt ou avec un objet détourné) provoque un décuplement du plaisir sexuel. L'orgasme est plus intense, plus profond, plus long.
Il se manifeste dans tout le corps. En cela, je le pense très identique à l'orgasme féminin

Cette pratique sexuelle reste personnelle, intime. C’est un peu mon jardin secret. J'ose tout juste suggérer de façon sous-entendue à mes amantes qu’elles peuvent explorer cette zone, mais aucune ne l'a fait réellement. Je ne me sens pas capable de leur formuler une demande explicite. Peur de passer pour un obsédé, un extrémiste… Je ne sais pas exactement ce qui me retient. Mais ce qui est sûr, c’est que le tabou demeure.

Comme si les hommes ne pouvaient en parler par crainte d'être jugés "homosexuels".

Ces stimulations anales sont rares. Le point P n’est d’ailleurs pas exclusif dans mon accès à un orgasme intense : depuis que j'accède à ce plaisir, mes orgasmes obtenus par le coït peuvent être également intenses et diffus. Comme si accéder à cette intensité unique m'avait permis de développer ma capacité orgasmique… »

Source : Psychologies


Pourquoi les hommes ne savent pas rompre ?!


© Jupiter


Contrairement aux femmes, ils n’ont presque jamais le courage d’affronter la fin d’une relation. Ou alors, ils le font très brutalement. Est-ce à cause de leur mère ?

Un soir, en rentrant du travail, j’ai trouvé, placée en évidence sur la table du salon, une pochette d’Air France. A l’intérieur, un billet aller pour New York. J’ai demandé des explications à mon mari, qui m’a répondu qu’il allait rejoindre sa maîtresse à la fin du mois et qu’il comptait s’installer avec elle. » Anne, 44 ans, rupture après douze ans de mariage. « J’ai reçu un e-mail me disant qu’il avait été très heureux avec moi, mais qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre. Il terminait son message en me souhaitant bonne route ! » Julie, 37 ans, rupture après une relation de un an. « Il s’est muré dans le silence pendant des semaines, j’ai essayé en vain de crever l’abcès, il a fini par me dire qu’il s’installait chez un de ses copains pour faire le point. Il y est resté et je n’ai jamais eu aucune explication ! » Corinne, 35 ans, rupture après deux ans de vie commune.

« Ces témoignages montrent bien que les hommes ont énormément de mal à avouer leurs sentiments et à dire les choses franchement, analyse Stéphane Szerman, psychothérapeute et auteur du Guide du bien-être (Robert Laffont, 2001). D’ailleurs, quand ils viennent consulter, ils n’évoquent jamais la difficulté qu’ils ont à rompre, mais parlent d’anxiété, de stress ou de tout autre chose. Ce n’est vraiment qu’après un travail plus poussé qu’ils avouent une demande cachée du type : “Je ne suis pas bien chez moi, j’ai envie de partir.”

Dans nos sociétés, l’homme a l’habitude d’être dans l’action. Il est à la recherche de concret, de résultats.

 Or, la rupture est synonyme de perte et d’incertitude, donc d’angoisse. » C’est pourquoi ils sont si nombreux à éviter de rompre clairement ou à nouer très vite une nouvelle relation après avoir quitté leur épouse ou compagne… quand ce n’est pas avant. Une manière pour eux de conjurer une angoisse d’autant plus difficile à surmonter qu’ils ont du mal à l’exprimer.

 

L’incapacité à se séparer de la mère


Pour le psychiatre Jacques-Antoine Malarewicz, auteur de Repenser le couple (Robert Laffont, 2001), la crainte toute masculine du vide et de la solitude renvoie à l’angoisse de la rupture avec la mère. En effet, enfant, le garçon s’imagine qu’il est tout pour elle et qu’elle ne saurait vivre sans lui. Il ne prend conscience de son erreur que dans la période œdipienne, où il réalise que le véritable objet du désir de sa mère n’est pas lui mais son père. Cette révélation l’angoisse, mais simultanément le soulage. Quand cette prise de conscience n’a pas lieu – père trop peu présent, mère investissant réellement trop son fils –, le garçon continue imaginairement à croire qu’il est son partenaire. La quitter serait la tuer. D’où, plus tard, la difficulté à la fois à se lier à une femme et à s’en séparer.

Oscillant constamment entre désir de partir et culpabilité, l’homme n’agit pas, tandis que la femme prend des décisions. « Les hommes expriment rarement leur désir de rupture avec des mots, constate Martine Teillac, psychanalyste. Ils développent plutôt un comportement agressif ou provocateur, assez immature. Souvent, le fait que leur couple ne marche pas constitue une faute qu’ils essaient de rejeter sur l’autre. » « Je m’arrange toujours pour être quitté plutôt que de quitter, explique Philippe, 27 ans. Comme ça, je n’endosse pas les habits du salaud, du bourreau, et tant pis si cela suppose de se montrer odieux pour rendre l’atmosphère irrespirable et pousser ainsi l’autre à prendre l’initiative. C’est peu glorieux mais très efficace ! »

Yvan, 31 ans, en couple depuis bientôt dix ans et père d’un petit garçon, connaît une autre tentation : « J’ai envie de tout plaquer, de partir loin au moins vingt fois par an et je ne le fais jamais. Ma compagne, elle, quand elle a eu envie de me quitter, a pris deux fois sa valise pour partir réfléchir ailleurs. » Cette dissymétrie totale de comportement ne surprend guère Jacques-Antoine Malarewicz tant, pour lui, le rapport de l’homme au couple est radicalement différent de celui de la femme. « A l’heure actuelle, le couple est féminin ou n’est pas », résume-t-il en une formule un brin provocatrice. Selon lui, les femmes ont en effet développé une aspiration au bonheur et à une vie de couple réussie – à savoir épanouie sur le plan sexuel et sentimental – en même temps qu’elles ont acquis leur autonomie sociale. Aussi n’hésitent-elles pas à rompre si leurs conditions de réussite du couple ne sont pas remplies.


 

Une difficulté à s’exprimer clairement


Les hommes, eux, en sont restés à un modèle archaïque du couple, datant du XIXe siècle, où, une fois la phase de séduction passée, ils n’ont plus rien à construire ni à travailler. C’est pourquoi ils prennent conscience du délabrement de leur couple très tard. Trop tard. Et le thérapeute prédit que les choses ne changeront que si les hommes deviennent plus exigeants et définissent leurs propres critères d’une relation réussie.

Pour Christine Halphen, psychothérapeute, spécialiste du couple, les hommes auront fait un grand pas en avant quand ils auront appris à "se séparer" plutôt qu’à "rompre".
L’homme qui rompt brutalement donne rarement à sa partenaire les raisons de sa décision, et cette incapacité à s’expliquer clairement augmente la souffrance de celle-ci. « Quitter l’autre sans explication, c’est ne lui laisser aucune chance de se défendre, aucune chance de dire : “Je ne suis pas d’accord” ou “Toi aussi, tu portes ta part de responsabilité”, explique la psychanalyste Martine Teillac. Pouvoir établir une liste des griefs, c’est aussi en écarter certains, tandis que n’en évoquer aucun, c’est les considérer tous comme justifiés. Le non-dit tue l’autre, qui, dans ce silence, va investir tous ses fantasmes, toutes ses incertitudes. Il est ensuite très difficile pour la femme quittée de se reconstruire car, d’une certaine façon, elle se trouve niée dans sa totalité. »

Les femmes préfèrent les “vrais” hommes


Après tout, la vie de couple n’est pas toute la vie… C’est la découverte qu’a faite Christophe, 35 ans, après quatre ans d’analyse : « J’ai vécu une relation très fusionnelle avec ma mère. Seule celle qui est devenue la mère de mon fils a eu assez de force pour couper ce cordon. Mais c’est alors avec elle que la fusion s’est reproduite : nous nous nourrissions l’un l’autre, nous ne voyions que des amis communs, etc. Il y a un an, au cours des vacances d’été, il m’est tout d’un coup apparu évident que nous ne pouvions plus continuer de la sorte. L’automne venu, je suis parti. »

L’analyse l’a ensuite aidé à comprendre qu’il n’était pas seulement un fils ou un petit garçon, mais aussi un conjoint. Bref, un homme. Son ancienne compagne semble l’avoir également compris et essaie, depuis peu, de renouer avec lui. Ironie de l’histoire, ce sont précisément les hommes qui savent rompre que les femmes désirent le plus séduire et garder le plus longtemps auprès d’elles. « A l’inverse de ceux qui vivent dans une sorte d’indécision, souvent associée à la féminité, les hommes capables de dire : “Je ne t’aime plus” ou “Je te quitte” savent ce qu’ils veulent et où ils vont, souligne Jacques-Antoine Malarewicz. Bref, aux yeux de la plupart des femmes, ce sont eux, les “vrais” hommes. »

L'avis du spécialiste :« Les plus jeunes savent repasser leurs chemises »

 

Trois questions à Christine Castelain-Meunier, sociologue, chercheur au CNRS, auteur notamment de La Paternité et Paternité et mouvement culturel (PUF, 1997 et 2002).

Psychologies : Dans le passé, l’initiative de la rupture était-elle toujours masculine ?

Christine Castelain-Meunier : Oui, à de rares exceptions près. D’abord parce que, légalement, les femmes n’en avaient pas la possibilité ; ensuite, et surtout, parce que, socialement, la cellule familiale était centrée sur l’homme.

A l’heure actuelle, au contraire, quand un couple se sépare, c’est la femme qui, dans 73 % des cas, demande le divorce. Comment en est-on arrivé là ?

Le déclic a été l’instauration, en 1975, du divorce par consentement mutuel. L’idée selon laquelle mieux vaut être seule que mal accompagnée a fait son chemin. Un peu perdus, cherchant de nouveaux repères en matière de paternité ou de masculinité, les hommes n’en sont pas encore là.

Les choses changent-elles ?

Oui, les hommes de 20-25 ans ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Plus à l’aise dans leur tête, ils le sont aussi dans leur couple et n’hésitent pas à le remettre en cause s’il ne leur convient pas. Surtout qu’à l’inverse de leurs aînés qui avaient besoin de Madame en ce qui concerne la logistique – nourriture, repassage, etc. –, de plus en plus de jeunes hommes savent vivre seuls. On devrait donc assister à un lent rééquilibrage de la tendance, la rupture ne leur faisant plus forcément aussi peur.

Source : Psychologies


L’amitié entre homme et femme est-elle possible ?!

 

 


 

La question soulève encore et toujours les passions. Non, affirment certains, pour qui l’attirance sexuelle ne peut jamais être totalement évacuée. Oui, soutiennent d’autres, qui entretiennent des liens sans ambiguïté. Enquête sur les rapports délicats entre désir et mixité.

 

Un homme et une femme amis ? L’idée fut longtemps inconcevable, les deux sexes vivant dans des univers séparés, sans vraiment se connaître hors des liens du couple. La généralisation du travail des femmes puis la mixité à l’école ont bousculé ces rapports distants. Les périodes de célibat, bien plus nombreuses au cours de la vie qu’autrefois, laissent le champ libre à la naissance d’amitiés solides entre hommes et femmes, et à toutes leurs ambiguïtés. Quand Anna, 22 ans, m’a gentiment demandé sur quel sujet je travaillais, ma réponse l’a laissée un brin interrogative : « Euh, c’est quoi le problème ? » Une réaction qui n’étonne guère le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, auteur de Scènes de la vie conjugale (Fayard, 2010) : « La génération actuelle a vécu la mixité comme une évidence, analyse-t-il. Mais, au-delà de ça, garçons et filles ont été pris en considération de la même façon, dans le respect de leur part féminine et masculine. Depuis qu’ils sont petits, ils se comprennent, sont proches émotionnellement, il n’est pas rare que la meilleure amie d’une fille soit un garçon. » Ceux-là ne se posent jamais la question du désir sexuel, car « il naît de la différence, tandis que l’amitié se nourrit de similitudes, remarque la psychanalyste Sophie Cadalen, auteure avec Sophie Guillou de Tout pour plaire… et toujours célibataire (Albin Michel, 2009). La complicité amicale ne laisse pas assez de place à l’altérité pour que le désir survienne ».
Un ami, c’est quelqu’un qui nous connaît par coeur, à qui nous nous livrons sans fard. Le désir a besoin de mystère, ce dont l’amitié se passe volontiers : « Désirer l’autre, c’est percevoir que sa construction psychique n’a rien à voir avec la mienne, explique Catherine Blanc, sexologue, psychanalyste et auteure de La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines (Pocket, “Évolution”, 2009). Cette différence crée un vide entre l’autre et moi, que je vais chercher à combler grâce à la sexualité. Avec un ami, les enjeux relèvent d’un autre ordre : nous tentons de rejouer la tendresse, la proximité que nous avons vécues avec papa, maman, nos frères et soeurs. Nous sortons du champ du sexuel pour ne pas risquer de convoquer une situation incestueuse. »


Des amitiés colorées

 

D’ailleurs, de nombreux amis soulignent le lien fraternel, quasi familial, qui les unit, érigeant entre eux cette barrière d’un inceste symbolique. Le désir est-il absent pour autant ? « Nous aimons les positions nettes : soit il y a du désir, soit il n’y en a pas. Mais la vie est plus subtile, plus floue. Souvent, un jeu de séduction s’installe entre un homme et une femme amis, sans que cela ait de conséquences sur leur relation », constate Sophie Cadalen. C’est ce que vit Myriam, 38 ans, avec son ami Martin : « J’aime qu’il remarque ma nouvelle tenue, me complimente sur un bijou. Parfois, je m’amuse à le taquiner plus directement : “C’est bête, non ? Toi et moi, on sait tout l’un de l’autre, sauf comment nous faisons l’amour…” Nous jouons avec cette idée, tout en sachant qu’il ne se passera jamais rien ! »

Pour Catherine Blanc, cette situation ambiguë fait le charme et la richesse de l’amitié mixte : « Nous sommes des êtres sexués et avons besoin que d’autres personnes que nos partenaires amoureux portent un regard sexué sur nous, car il vient renforcer notre identité d’homme, de femme, sans en passer par la sexualité. Notre désir ne trouve pas la même issue selon les personnes avec lesquelles nous sommes. L’être humain ne se scinde pas comme cela, clairement, nettement. Il distribue les cartes différemment, mais elles sont présentes dans chaque relation. » L’attirance est là, mais elle reste contenue, pour pouvoir laisser place à l’amitié.

Parfois, certains se lancent dans ce que les Brésiliens appellent « l’amitié colorée ». Un soir de spleen ou de solitude, ils se réconfortent dans les bras l’un de l’autre. « C’est surtout la tendresse qui est à l’oeuvre dans ces passages à l’acte, estime Sophie Cadalen. Il s’agit plus d’un désir de câlins que d’un vrai désir sexuel. » Même constat pour Serge Hefez : « Les relations sexuelles de copinage ne sont pas de même nature que les relations sexuelles amoureuses. Dans le premier cas, il s’agit juste d’un jeu érotique, sans grande conséquence. En revanche, si l’amour s’en mêle, la différence fondamentale des sexes entre en ligne de compte. Elle fait réapparaître les enjeux inconscients entre un homme et une femme. Des enjeux forcément teintés d’ambivalence : l’activité et la passivité, la soumission et la domination. L’ordre égalitaire de la camaraderie s’en trouve bouleversé. »

« L’aventure peut ouvrir une porte sur l’inconscient et totalement bouleverser cette amitié colorée », poursuit Sophie Cadalen. C’est ce qu’a vécu Sabine, 35 ans : « J’ai eu mon premier orgasme avec Max, un ami. Cette expérience a transformé ma vision de lui. Le problème, c’est que j’étais seule à ressentir cela. » « La tranquillité, la confiance qui s’installent dans l’amitié permettent parfois un abandon dans la sexualité, observe Sophie Cadalen. C’est un peu la même chose que les vieux couples qui réussissent à conserver une sexualité épanouie. » Mais, comme dans toute relation humaine, nous sommes rarement sur la même longueur d’onde, perpétuellement dans un rééquilibrage de la relation. Quand les attentes divergent trop, la sexualité constitue le révélateur le plus efficace qui soit : Sabine n’a plus revu son ami Max…

Il peut aussi arriver que l’amitié se transforme en amour, sans que le sexe s’en soit mêlé jusqu’alors. « Mais je ne crois pas à un glissement tranquille de l’un vers l’autre, comme dans les vaudevilles américains, note Sophie Cadalen. Il y a forcément un événement déclencheur – un deuil, une séparation –, un choc qui a permis à chacun de changer de place, autorisant un nouveau regard, amoureux cette fois. » Catherine Blanc, pour sa part, estime qu’un simple détail peut jouer le rôle de détonateur : « À un moment donné, un timbre de voix, une caresse viennent appuyer sur un bouton de notre inconscient qui nous branche sur le sexuel. Mais l’inverse est également vrai. Une attitude, une réflexion peuvent le désamorcer, parce que ce détail fait référence à une mère, un père, une soeur. » Il n’y a pas une, mais mille raisons qui sont susceptibles d’expliquer la bascule de l’amour vers l’amitié et de l’amitié vers l’amour…


Les dangers de l’intimité

 

Quand les frontières se déplacent, le flou fait entrer un tiers dans la danse : le conjoint. Car l’amitié entre homme et femme ne comporte pas les mêmes enjeux entre deux célibataires qui peuvent jouer à se désirer, avec out sans passage à l’acte, qu’entre deux personnes en couple chacune de leur côté. « Je m’interdis d’avoir des amis hommes, car je sais que je ne supporterais pas que François ait une amie fille. Je ne suis pas du tout décontractée sur ce sujet », reconnaît honnêtement Lucille, 39 ans. Anne, 45 ans, accepte, elle, les amitiés féminines de son compagnon. Non sans un pincement au coeur. « Travaillant dans un milieu très féminin, Marc a de nombreuses amies. Je me sentirais ridicule de le lui reprocher. Mais, même si je suis sûre qu’il n’y a rien de sexuel entre eux, dire que ces relations me réjouissent serait hypocrite », avoue-t- elle.

D’après Serge Hefez, « ce n’est pas la tromperie qui est la plus redoutée dans ces amitiés, mais le danger d’une trop grande intimité. On sait à quel point la conjugalité peut agréger les mauvaises parties de soi, combien il est compliqué au quotidien de maintenir un fort degré de complicité. C’est un peu comme si l’ami profitait de nos meilleurs côtés : l’humour, la légèreté, sans souffrir des désagréments. » Perturbant, évidemment…

Laure, 44 ans, se souvient d’un homme de 60 ans qui lui avait asséné lors d’un premier – et dernier – dîner : « Un homme et une femme ne peuvent pas être amis. » Question de génération sans doute, mais pas seulement, car l’amitié convoque bien des enjeux inconscients. « Ceux qui se méfient de l’amitié mixte ne voient l’autre que comme un objet de désir note Catherine Blanc. Pour eux, jouer avec cette idée est déjà de l’ordre de la trahison. Que cache cette volonté d’exclusivité ? Souvent une rivalité fraternelle, une peur de ne pas être le préféré. Ce sont des doutes par rapport à nous-même qui s’expriment dans les “jamais” et les “toujours”, ne nous autorisant pas à avoir plusieurs cordes à notre arc. »

Le désir suscite alors la méfiance et la crainte d’être débordé par la pulsion sexuelle, qui attire et effraie à la fois. Certains préfèrent s’en tenir éloignés. D’autres considèrent que le désir est absent dans le lien : ils refusent de voir l’autre comme un homme ou une femme. Et ce refoulement signale bien que le sexuel constitue, pour eux, un registre potentiellement dangereux. « Entre ces deux positions, il en existe une, plus apaisée. Elle accueille la dimension sexuelle, l’accepte comme une énergie qui, au lieu de s’exprimer dans l’acte, trouve son épanouissement dans la complicité, l’échange intellectuel, l’humour », conclut la sexologue et psychanalyste. Une richesse dont il serait dommage de se priver.


Cécile et Hugo, amis sans ambiguïté

 

Cécile, 22 ans, peintre en décor : « Hugo est “ma meilleure amie”

« Nous nous sommes rencontrés à 16 ans et, à cet âge-là, j’avais besoin de séduire. J’étais contente de voir que je lui plaisais, mais, très vite, l’amitié a pris le dessus et il n’a jamais été question de coucher ensemble ! Les autres ne comprennent pas que nous puissions dormir dans le même lit sans qu’il se passe rien. Mais, nous, si on ne dort pas, c’est parce que l’on rit toute la nuit ! Hugo est “ma meilleure amie”! Mon plus beau souvenir avec lui remonte à cet été : je venais de rompre avec mon copain et nous sommes partis à Florence avec un autre de nos amis, Arnaud. J’avais besoin de pleurer, et je me suis éloignée seule pendant une heure.

 Quand ils m’ont rejointe, je pleurais toujours. Nous sommes allés boire des mojitos et chacun de nous a vidé son sac. Ils ont attendu que je sois prête à parler, sans me passer à la question. Ensuite, nous avons poursuivi notre périple joyeusement : ce voyage à trois en Toscane, c’était aussi beau que Jules et Jim, sans le sexe.

Hugo, 22 ans, étudiant aux beaux-arts « Une intensité que mes petites amies jalousent » 

« Quand j’ai rencontré Cécile, j’avoue qu’elle m’attirait. Nos mères étaient d’ailleurs persuadées que nous étions amoureux l’un de l’autre. Mais nous avons vite compris qu’il n’y avait pas de désir sérieux entre nous, que c’était les autres qui entretenaient une ambiguïté. Ma relation avec Cécile est précieuse pour moi, intense, dans le rire, la colère. Une intensité que mes petites amies jalousent. Mais même mes autres copines envient cette relation, car il peut y avoir aussi une jalousie amicale ! Avec mes copains garçons, j’ai un rapport plus intellectuel. Je me sens obligé d’être plus abstrait pour parler de moi. Cécile, elle, me comprend de façon intuitive. Entre nous, il y a beaucoup de pudeur. Nous connaissons nos défauts, nos faiblesses.

Nous les respectons. C’est ce que j’aime dans notre amitié : on peut s’ennuyer ensemble, en toute liberté, sans avoir l’air d’aller bien. C’est rarement le cas avec une amoureuse. »


Bernard et Mireille se sont aimés, ils sont aujourd’hui amis

 

Bernard, 62 ans, rentier « Une relation différente, fondée sur l’humour »

« Pour moi, il est plus facile d’avoir une amitié féminine sans arrière-pensées sexuelles, parce que nous avons déjà été amants : c’est fait ! En revanche, pour que la relation soit possible, il a fallu partager un diagnostic d’échec, être d’accord sur ce qui nous a conduits à l’impasse. Le travail n’a pas pu se faire ensemble, et, avec Mireille, nous ne nous sommes ni vus ni téléphoné pendant huit mois. Chacun avait besoin de digérer la rupture. Quand nous nous sommes retrouvés, nous avons créé une relation diff érente, fondée sur l’humour. 

Cela a introduit une nouvelle distance entre nous, mais aussi une complicité que nos partenaires respectifs n’apprécient pas toujours, et c’est bien normal ! Nous avons eu une discussion avec Mireille à ce sujet et avons décidé d’y faire attention en leur présence. Cela dit, je ne reste pas ami avec toutes mes anciennes amantes : il faut certaines qualités – de l’intelligence, de l’humour, de la générosité –, et Mireille les a. »

Mireille, 59 ans, formatrice « Je suis son meilleur conseiller conjugal » 

« Je reste amie avec presque tous mes anciens compagnons. C’est une facilité pour moi, presque une nécessité. J’y vois une manière d’effacer l’échec. Et cette connaissance physique que l’on a l’un de l’autre permet une relation plus profonde. Avec Bernard, il nous est arrivé de coucher une fois ensemble après notre rupture, mais cela ne nous a rien apporté : ce n’était pas triste, mais inutile. Et puis, nous avons l’un comme l’autre un grand respect de nos partenaires. Et si le désir resurgissait, nous nous imposerions une barrière morale. En revanche, je suis son meilleur conseiller conjugal, et lui l’est pour moi ! Nous nous épaulons pour ne pas répéter les bêtises que nous avons faites. Aujourd’hui, c’est un lien quasi familial que j’ai avec Bernard. Il est le premier que j’appelle quand j’ai un coup dur. Je me demande souvent si, finalement, je ne suis pas comme Jean Cocteau : plus douée pour l’amitié que pour l’amour… »

Mon ami(e) homo

 

L’amitié entre les femmes hétérosexuelles et les hommes homosexuels n’est pas un cliché : « En évacuant définitivement la perspective d’une relation sexuelle, les femmes se permettent un abandon inconscient, confortable et joyeux, affirme la psychanalyste Sophie Cadalen. Elles déposent les armes de la séduction. » Elles jouissent pleinement de la part féminine de leur ami homo, d’autant qu’elles sont moins en rivalité avec lui qu’avec une amie du même sexe… Et les hommes ? Ils sont moins enclins à nouer une amitié avec des lesbiennes, car, selon Serge Hefez, « pour devenir un homme, la plupart ont dû rejeter leur part féminine. La grande part masculine de la femme homosexuelle les inquiète ».

Source : Psychologies